L'imagerie de sûreté aéroportuaire regroupe les appareils à rayons X et les systèmes de détection d'explosifs qui montrent l'intérieur d'un bagage sans l'ouvrir. Chaque équipement est certifié par l'État, et l'agent qui lit les images détient une certification avec analyse d'images, en 2D ou en 2D et 3D.
Comment fonctionne la radioscopie d'un bagage
La radioscopie d'un bagage repose sur un principe simple : un faisceau de rayons X traverse la valise sur le tapis, et des capteurs mesurent ce qui en ressort. Les matériaux denses, comme le métal, arrêtent davantage le rayonnement que les vêtements ou le papier. Le logiciel traduit ces différences en image, avec des couleurs qui aident à distinguer les familles de matières, organiques, minérales ou métalliques.
Les appareils récents ajoutent la tomographie : le bagage est vu sous de nombreux angles et reconstitué en volume. L'agent peut alors faire pivoter l'image, isoler un objet, l'observer en coupe. C'est cette imagerie que la réglementation appelle 3D, par opposition aux vues fixes en 2D. Face à une image douteuse, l'agent ne devine pas : il demande une fouille manuelle, un passage au détecteur de traces ou un second avis, selon la procédure de son poste. Le métier qui entoure ce poste est présenté dans la page agent de sûreté aéroportuaire.
Les équipements d'imagerie certifiés par le STAC
Les équipements d'imagerie et de détection utilisés en France sont certifiés sous l'autorité du directeur général de l'aviation civile. Le STAC, Service technique de l'aviation civile, gère cette certification et publie les listes d'équipements certifiés. Selon l'appareil, il faut un certificat de type, qui valide le modèle, et un certificat individuel, qui valide chaque exemplaire installé.
| Équipement | Rôle | Certificats exigés |
|---|---|---|
| Radioscopie RX | Image des bagages de cabine et des objets | Type et individuel |
| Système de détection d'explosifs (EDS) | Analyse automatique, surtout des bagages de soute | Type et individuel |
| Détecteur de traces d'explosifs (ETD) | Prélèvement sur une surface ou un objet | Type et individuel |
| Filtrage des liquides (LEDS) | Analyse des flacons et bouteilles | Type et individuel |
| Scanner de sûreté et portique | Contrôle des personnes | Type et individuel |
| Bibliothèque TIP | Projection d'images de menaces fictives | Type seul |
| Détecteur de métaux portatif | Contrôle ciblé d'une personne | Type seul |
Sur la page du STAC mise à jour le 1er octobre 2026, la liste des appareils RX certifiés est datée du 3 septembre 2026, celle des EDS cabine du 24 juillet 2026, celle des EDS du 7 mai 2024 et celle des bibliothèques TIP du 16 janvier 2026. Le STAC certifie le matériel ; la certification des personnes relève d'un autre circuit, organisé par l'ENAC.
Images fictives TIP et enregistrement des décisions
Le système TIP, pour Threat Image Projection, insère de temps en temps sur l'écran l'image d'un objet menaçant qui n'existe pas dans le bagage réel. L'agent doit le repérer comme il repérerait une vraie menace. Le système mesure ainsi l'attention de chaque opérateur au fil des vacations, ce qui sert à la fois d'entraînement continu et d'évaluation.
Un opérateur qui échoue à l'évaluation de ses performances TIP passe une épreuve normalisée d'interprétation d'images, prévue à l'appendice 11D de l'arrêté du 11 septembre 2013 ; l'attestation rejoint son dossier de formation. Les appareils RX installés depuis le 1er juillet 2018 enregistrent par ailleurs les images complètes, la date, l'heure et le temps d'analyse, conservés cinq jours. Pour les EDS, les images et la décision de l'agent en cas d'alarme sont enregistrées avec la même durée de conservation.
Scanner corporel : consentement et images floutées
Le scanner corporel à ondes millimétriques fait aussi partie de l'imagerie de sûreté, mais il s'applique aux personnes et non aux bagages. L'article L6342-4 du code des transports, dans sa version issue de la loi n° 2025-379 du 28 avril 2025, encadre son usage : le passager doit consentir, et s'il refuse, il est soumis à un autre dispositif de contrôle. Le visage est flouté et la loi exclut tout stockage ou enregistrement des images. Le régime diffère donc nettement de celui des bagages, dont les images sont conservées cinq jours.
Devenir opérateur d'imagerie : certification 2D et 3D
Un opérateur d'imagerie est un agent de sûreté certifié avec analyse d'images. La certification existe avec ou sans cette analyse, et lorsqu'elle l'inclut, elle peut porter sur la 2D seule ou sur la 2D et la 3D. Seule la typologie T9 n'a pas de version avec analyse d'images.
L'examen comporte une partie 3D depuis le 1er avril 2024 pour les bagages de soute et depuis le 1er janvier 2025 pour les bagages de cabine et le fret ; pour les approvisionnements, la date n'était pas encore fixée lors de la publication des règles de la DSAC du 28 mars 2025. En certification initiale, les parties 2D et 3D sont toutes deux obligatoires. Au renouvellement, un agent qui ne travaille pas sur des appareils 3D peut ne passer que la 2D ; sa certification est alors limitée à la 2D. Le chemin complet, de la formation initiale à l'examen, figure dans la page formation à la sûreté aéroportuaire.
Entraînement périodique à l'analyse d'images
L'analyse d'images s'entretient comme un savoir-faire sportif. L'arrêté de 2013 impose 6 heures de formation en imagerie par période de six mois pour les typologies T1 à T8 et 9 heures pour la T10. Elles visent à garder l'œil exercé face aux objets interdits et aux pièges visuels, comme un objet masqué par un autre plus dense.
Prenons un cas type : une candidate certifiée en 2D sur un aéroport régional rejoint une plateforme équipée d'EDS cabine. Elle devra se former à la lecture 3D, et son prochain renouvellement devra inclure cette partie si elle veut garder la lecture 3D. Les formateurs eux-mêmes doivent avoir réussi un test d'analyse d'images 3D depuis le 1er février 2024. L'imagerie n'est qu'un maillon de la chaîne : les chiens détecteurs d'explosifs et les autres métiers décrits dans la page sûreté aéroportuaire complètent le dispositif.
Sources : STAC (stac.aviation-civile.gouv.fr), « Certification of security equipments », mise à jour du 01/10/2026 ; Légifrance, arrêté du 11 septembre 2013 relatif aux mesures de sûreté de l'aviation civile, annexe articles 11-2-1-4, 11-3-2, 11-4-2, 12-3-1, 12-3-2, 12-4-1 et 12-4-2, version au 18/10/2026 ; DSAC, « Règles d'utilisation des modules de compétence, formations 11.2.3.1 à 11.2.3.5 (par typologies) », édition du 28/03/2025 ; ecologie.gouv.fr, « Formation sûreté », mise à jour du 25/09/2026 ; Légifrance, code des transports, article L6342-4, version du 30/04/2025.

