L'agent de sûreté aéroportuaire est le salarié qui réalise l'inspection-filtrage des passagers, de leurs objets et de leurs bagages avant l'accès aux avions. Pour exercer, il lui faut une carte professionnelle du CNAPS, une certification passée devant l'ENAC et une habilitation préfectorale.
Le métier relève de deux mondes à la fois : la sécurité privée, encadrée par le CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité), et le droit des transports, piloté par la DGAC. Cette double appartenance explique la longueur de la liste des conditions. Le poste reste pourtant l'une des portes d'entrée les plus ouvertes vers l'emploi en aéroport, ce que détaille la page sûreté aéroportuaire et ses métiers.
Les missions de l'agent de sûreté au poste d'inspection-filtrage
L'inspection-filtrage désigne l'ensemble des contrôles qui empêchent un objet dangereux de monter à bord. Le ministère chargé des transports résume la fonction de l'agent ainsi : assurer l'inspection-filtrage des passagers et des objets qu'ils transportent, bagages de cabine et bagages de soute compris. Sur le terrain, France Travail décrit des tâches variées :
- contrôle des passagers, des équipages et des personnels de l'aéroport au portique et au détecteur ;
- passage des bagages aux rayons X et lecture de l'image à l'écran ;
- contrôles documentaires, fouilles de bagages et palpations ;
- rondes, contrôle des véhicules et des approvisionnements selon l'affectation ;
- contrôle du fret et du courrier, ou travail au sein d'une équipe cynotechnique.
La fouille d'un bagage à main et la palpation exigent le consentement de la personne, et la palpation est faite par un agent du même sexe (article L6342-4 du code des transports). Le scanner à ondes millimétriques suppose lui aussi l'accord du passager, sinon un autre contrôle est proposé ; le visage est flouté et aucune image n'est stockée. Le travail à l'écran est présenté dans la page imagerie radioscopique des bagages.
Conditions pour devenir agent de sûreté aéroportuaire
Pour devenir agent de sûreté aéroportuaire, il faut cumuler cinq étapes administratives et une condition de nationalité. Le code des transports réserve l'inspection-filtrage privée aux personnes de nationalité française ou ressortissantes d'un État membre de l'Union européenne. Le tableau suit l'ordre de la liste publiée par le ministère.
| Étape | Qui la délivre | Ce qu'elle suppose |
|---|---|---|
| Autorisation préalable d'entrer en formation | CNAPS | Enquête administrative, sur lettre d'intention d'embauche |
| Formation initiale d'agent de sécurité privée | Organisme de formation | Contenu fixé par un cahier des charges national |
| Certification des compétences | Ministre chargé de l'aviation civile, examen organisé par l'ENAC | Examen sur ordinateur, par typologie |
| Carte professionnelle | CNAPS | Nouvelle enquête administrative |
| Habilitation (article L6342-3) | Préfet | Enquête administrative, puis titre de circulation |
Onisep mentionne en plus un casier judiciaire vierge et le permis B. Dernier verrou avant de travailler seul : une formation sur le tas, réussie et attestée par l'employeur.
La réforme de 2025 : fin de l'agrément préfet et procureur
Jusqu'en 2025, l'agent de sûreté devait aussi obtenir un agrément conjoint du préfet et du procureur de la République. La loi n° 2025-379 du 28 avril 2025 a supprimé cette exigence, et le décret n° 2025-1086 du 17 novembre 2025 a abrogé les articles réglementaires qui l'organisaient. En métropole, un dossier d'agrément n'a donc plus lieu d'être ; les guides antérieurs qui le présentent comme obligatoire sont périmés sur ce point.
L'agrément reste exigé à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie. Le contrôle de moralité n'a pas disparu pour autant : il passe par les enquêtes du CNAPS et par celle qui précède l'habilitation, détaillée dans la page badge aéroportuaire et zone réservée.
La même période a vu évoluer la formation. Un arrêté du 1er septembre 2025, en vigueur au 1er octobre 2025, fixe le cahier des charges de la formation initiale aux activités privées de sécurité. Pour la spécialité aéroportuaire, sa durée et son contenu sont ceux des typologies de certification T2, T7 et T10, analyse d'images comprise.
Certification ENAC et typologies T1 à T10
La certification de l'agent de sûreté est un examen organisé par l'ENAC, l'École nationale de l'aviation civile, dans un centre d'examen de l'État ou dans un centre qu'elle a accrédité. Elle est découpée en dix typologies, de T1 à T10, qui correspondent aux tâches exercées : la T1 couvre seulement le fret et le courrier, la T10 réunit les cinq tâches certifiantes du règlement européen 2015/1998. Chaque typologie existe avec ou sans analyse d'images, sauf la T9, toujours sans.
L'examen se passe sur ordinateur, avec quatre présentations au maximum. Après deux échecs successifs, une nouvelle formation initiale est exigée. La certification, délivrée au nom du ministre chargé de l'aviation civile, vaut sur tout le territoire. Sa durée de validité dépend du règlement européen et n'est pas reprise ici : la DSAC ou l'employeur l'indiquent. Le contenu des modules et la formation continue sont détaillés dans la page formation sûreté aéroportuaire.
Salaire et conditions de travail de l'agent de sûreté
Le salaire d'un agent de sûreté débutant est indiqué par l'Onisep à 1 922 € brut par mois. Ce chiffre de référence ne dit pas tout : la rémunération réelle dépend de la convention collective de l'employeur, des primes liées aux horaires décalés, au travail de nuit, du dimanche ou des jours fériés, et de l'ancienneté.
Le travail suit le rythme des vols : prises de poste très tôt, soirées, week-ends, pics pendant les vacances scolaires. Les agents sont désignés par les entreprises mentionnées à l'article L6341-2 du code des transports ou par leurs sous-traitants, et opèrent sous le contrôle des officiers de police judiciaire et des agents des douanes.
Durée de formation et premier emploi en sûreté
La durée de formation d'un agent de sûreté varie selon les sources et selon les typologies visées. France Travail parle d'une formation d'un peu plus d'un mois ; une vidéo Onisep TV évoque trois mois et demi. Aucune durée légale unique ne ressort des textes consultés.
Le parcours le plus fréquent commence par le recrutement : une entreprise de sûreté retient le candidat, rédige la lettre d'intention d'embauche, puis finance ou organise la formation. France Travail cite le CQP ou le TFP d'agent de sûreté aéroportuaire comme titres d'accès et précise qu'un CAP ou un bac pro sécurité est un atout, sans être exigé. Ce poste fait partie des pistes listées pour travailler dans un aéroport sans diplôme.
Agent de sûreté aéroportuaire : réponses sur le recrutement
- Faut-il le bac pour devenir agent de sûreté aéroportuaire ?
- Le bac n'est pas demandé. L'Onisep indique un niveau CAP ou équivalent, et France Travail présente le CAP ou le bac pro sécurité comme un simple atout. Ce qui conditionne l'embauche, ce sont l'autorisation du CNAPS, la certification et l'habilitation.
- Un casier judiciaire chargé empêche-t-il d'exercer ?
- Une condamnation peut bloquer la carte professionnelle ou l'habilitation. L'enquête préalable à l'habilitation peut consulter le bulletin n° 2 du casier judiciaire et certains fichiers de police et de gendarmerie. L'appréciation se fait au cas par cas par l'administration.
- L'agrément du préfet et du procureur est-il encore demandé ?
- En métropole, cet agrément a été supprimé par la loi n° 2025-379 du 28 avril 2025, puis par le décret n° 2025-1086 du 17 novembre 2025. Il subsiste à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie.
- Qui délivre la certification de l'agent de sûreté ?
- La certification est délivrée par le ministre chargé de l'aviation civile, après un examen organisé par l'ENAC (article R6342-42 du code des transports). Le STAC, souvent cité à tort, certifie les équipements de sûreté et non les agents.
Sources : ministère chargé des transports (ecologie.gouv.fr), « Les agents de sûreté aéroportuaire (ADS) », mise à jour du 22/07/2026 ; ecologie.gouv.fr, « Formation sûreté », mise à jour du 25/09/2026 ; Légifrance, code des transports, articles L6341-2, L6342-3, L6342-4 (version du 30/04/2025) et R6342-42, consultés le 18/10/2026 ; Légifrance, arrêté du 11 septembre 2013 relatif aux mesures de sûreté de l'aviation civile, annexe en vigueur depuis le 24/06/2026 ; Légifrance, arrêté du 1er septembre 2025 portant cahier des charges de la formation initiale aux activités privées de sécurité, JORF du 06/09/2025 ; Onisep, fiche « Agent / Agente de sûreté aéroportuaire », consultée le 18/10/2026 ; France Travail, « Agent de sûreté aéroportuaire, un métier qui recrute », consultée le 18/10/2026.

