L'anglais aéronautique de niveau 4, dit « opérationnel », est le minimum exigé pour obtenir puis garder une licence de contrôleur aérien en Europe. Pour un contrôleur, ce niveau doit être réévalué tous les 3 ans, alors qu'un niveau 5 reste valable 6 ans (règlement (UE) 2015/340).
L'échelle OACI de compétences linguistiques et ses six habiletés
L'échelle de compétences linguistiques de l'OACI (Organisation de l'aviation civile internationale) compte six niveaux, du niveau 1, le plus faible, au niveau 6, dit « expert ». La Revue de l'OACI (vol. 63, n° 1, 2008) en nomme plusieurs : niveau 2 « élémentaire », niveau 3 « pré-fonctionnel », niveau 4 « fonctionnel ». Le règlement européen appelle ce même niveau 4 « opérationnel », puis désigne le niveau 5 comme « avancé » et le niveau 6 comme « expert ».
L'évaluation ne porte pas sur l'anglais général mais sur six habiletés liées aux communications radio : prononciation, structure grammaticale, vocabulaire, aisance, compréhension et interactions. Un candidat peut être à l'aise à l'écrit et pourtant buter sur la compréhension d'un accent inconnu ou sur la reformulation rapide d'une instruction mal comprise. Les exigences de l'OACI s'appliquent depuis le 5 mars 2008 ; le manuel de l'OACI qui en guide la mise en œuvre porte la référence Doc 9835.
Niveau 4, 5 ou 6 : durée de validité de la mention linguistique
La mention linguistique en anglais est obligatoire sur toute licence de contrôleur, à laquelle s'ajoute la langue locale lorsque l'État l'impose (points ATCO.B.030 et B.035 du règlement (UE) 2015/340). Le niveau 4 est le minimum, mais le prestataire de navigation aérienne peut exiger le niveau 5 pour des raisons de sécurité justifiées. La durée de validité dépend du niveau atteint :
| Niveau OACI | Appellation dans le règlement | Validité pour un contrôleur |
|---|---|---|
| 4 | Opérationnel | 3 ans |
| 5 | Avancé | 6 ans |
| 6 | Expert | 9 ans pour l'anglais, illimitée pour les autres langues |
Ces durées sont propres aux contrôleurs. Les pilotes relèvent d'une autre réglementation et d'autres durées : il faut donc se méfier des tableaux qui mélangent les deux licences. La mention linguistique figure sur la licence à côté des qualifications et des mentions d'unité, comme l'explique la page sur la licence européenne de contrôleur aérien.
Phraséologie et langage clair : deux registres à maîtriser
L'anglais du contrôle aérien combine deux registres. Le premier est la phraséologie : des formules normalisées, brèves et sans ambiguïté, pour les clairances, les niveaux, les caps ou les fréquences. Le second est le langage clair, utilisé quand la phraséologie ne suffit pas : passager malade, oiseau aspiré par un moteur, alerte à bord, demande inhabituelle d'un équipage.
Le niveau 4 vise justement ce second registre. Réciter les formules ne suffit pas ; il faut comprendre un pilote stressé, reformuler, vérifier qu'une information a bien été reçue. En France, les échanges peuvent se faire en anglais ou en français, langue habituelle des stations au sol, mais les stations qui desservent des aérodromes et des routes internationales doivent pouvoir employer l'anglais sur demande. L'alphabet d'épellation, le collationnement et les échanges types sont présentés sur la page dédiée à la phraséologie aéronautique.
Comment la compétence linguistique d'un contrôleur est évaluée
La compétence linguistique d'un contrôleur est démontrée selon une méthode d'évaluation approuvée par l'autorité compétente (point ATCO.B.040 du règlement européen). Cette méthode doit préciser la procédure d'évaluation, la qualification des évaluateurs et la procédure de recours. Les épreuves reposent sur l'écoute et l'oral : compréhension de messages radio réels ou simulés, description d'une situation, échanges avec un examinateur.
Le niveau retenu est inscrit sur la licence avec sa date, et le contrôleur doit repasser l'évaluation avant l'expiration. Un contrôleur de niveau 4 se présente donc à une nouvelle évaluation tous les 3 ans pendant toute sa carrière, ce qui pousse beaucoup d'agents à viser le niveau 5 dès que possible.
Préparer l'anglais du contrôle avant et pendant les études
La préparation à l'anglais aéronautique commence bien avant la licence. Pour le concours ICNA, des épreuves écrites et orales de langues figurent parmi les épreuves communes des banques CCINP, comme le détaille la page sur le concours ICNA. La fiche de l'ENAC vise ensuite un niveau B2 du cadre européen (CECR) pendant la formation.
À l'étranger, l'exigence apparaît dès la candidature. En Belgique, il faut parler couramment anglais, et toute la formation est dispensée dans cette langue, comme l'expose la page devenir contrôleur aérien en Belgique. La progression demande du temps : un article de la Revue de l'OACI (2008) estime qu'il faut au minimum 100 à 200 heures pour passer d'un niveau 3 moyen ou élevé au niveau 4. Écouter régulièrement des échanges radio publics, travailler la compréhension d'accents variés et s'entraîner à décrire à voix haute une situation imprévue sont des méthodes qui ciblent directement les six habiletés.
Niveau d'anglais exigé des candidats contrôleurs : réponses précises
- Quel niveau d'anglais faut-il pour passer le concours de contrôleur aérien ?
- Le concours ICNA ne fixe pas de niveau OACI à l'entrée : il évalue l'anglais par les épreuves de langues des banques CCINP. Le niveau B2 du CECR est ensuite visé pendant la formation, et la mention de niveau 4 OACI est requise pour la licence stagiaire.
- Le niveau 4 OACI correspond-il au niveau B2 du cadre européen ?
- Les deux échelles n'ont pas le même objet et aucune table de correspondance officielle n'est fixée par le règlement des licences. Le CECR mesure l'anglais général, alors que l'échelle OACI mesure la communication radio aéronautique sur six habiletés précises.
- Que se passe-t-il si la mention linguistique expire ?
- Une licence sans mention linguistique valide ne permet plus d'exercer les privilèges de contrôle, puisque la mention en anglais est obligatoire. Le contrôleur doit donc repasser l'évaluation avant la date d'expiration, tous les 3 ans au niveau 4.
- Faut-il aussi un niveau en français pour contrôler en France ?
- Le règlement prévoit une mention dans la langue locale lorsque l'État l'impose. En France, les communications radio peuvent se faire en français, langue habituelle des stations au sol, ce qui rend la maîtrise du français nécessaire en pratique.
Sources : EUR-Lex, règlement (UE) 2015/340, version consolidée du 22 février 2026, annexe I (points ATCO.B.030, B.035 et B.040) ; DGAC, « Document SERA complet », version 2.1 du 1er juillet 2023 (SERA.14015 et FRA.14015) ; OACI, Revue de l'OACI, vol. 63, n° 1 (2008), dossier « Niveau 4 » ; ENAC, fiche « MCTA / ICNA » (consultée le 18 octobre 2026) ; recrutement.ecologie.gouv.fr, page du concours externe ICNA (mise à jour le 5 août 2026) ; atco.skeyes.be, « Conditions of Admission » et « FAQ » (consultées le 18 octobre 2026).

