Le pompier d'aéroport est membre du SSLIA, le service de sauvetage et de lutte contre l'incendie des aéronefs, qui intervient sur l'aérodrome et dans ses abords. Il ne peut exercer qu'après un agrément du préfet chargé de la police de l'aérodrome.
Les missions du SSLIA : secourir un avion en détresse sur l'aérodrome
Le SSLIA d'un aérodrome intervient dans la zone d'aérodrome et dans la zone voisine, selon l'arrêté du 18 janvier 2007 relatif à ses normes techniques. Il est tenu d'intervenir dès qu'il est informé d'un incident majeur touchant un aéronef. Il participe aussi, dans la limite de ses moyens, à des secours qui ne concernent pas d'avion, par exemple un malaise ou un feu dans un bâtiment de la plateforme.
Le cœur du métier reste l'incendie d'aéronef, qui se combat surtout à la mousse. Les textes fixent des délais exigeants : au moins 50 % du débit de solution moussante doit être délivré dans les 3 minutes suivant l'alerte, et la totalité au plus tard 4 minutes après. Le niveau de protection le plus bas, le niveau 1, n'a pas de délai imposé. Ces exigences expliquent l'implantation du poste de secours près des pistes et l'entraînement constant des équipes.
Le pompier d'aérodrome travaille en lien avec les autres services de la plateforme, dont la tour de contrôle, qui suit l'avion en approche ; le rôle des contrôleurs est expliqué dans la fiche sur le métier de contrôleur aérien au quotidien.
Niveau de protection d'un aérodrome et taille des avions accueillis
Le niveau de protection SSLIA d'un aérodrome dépend des avions qui s'y posent. L'arrêté de 2007 répartit les avions en classes 1 à 10 selon leur longueur hors-tout et la largeur de leur fuselage ; le niveau de protection exigé de l'aérodrome en découle. Un petit terrain d'aviation régionale n'a donc ni les mêmes véhicules ni les mêmes effectifs qu'une grande plateforme internationale.
Pour les vols de fret, les vols d'essai et le travail aérien, la classe peut être calculée sur la longueur divisée par trois. Le niveau détermine aussi certaines exigences de personnel : la fonction de responsable SSLIA n'est soumise à agrément que sur les aérodromes de niveau 6 et plus. Pour un candidat, le niveau du terrain annonce le volume d'activité et la taille de l'équipe qu'il rejoindra.
Obtenir l'agrément de pompier d'aérodrome
L'agrément de pompier d'aérodrome est délivré par le préfet qui exerce la police de l'aérodrome, selon l'article D6332-14 du code des transports. Le même article soumet à agrément la fonction de chef de manœuvre. L'arrêté de 2007, dans sa version modifiée par l'arrêté du 23 juillet 2026, fixe ce que le candidat doit réunir :
- la validation d'un tronc commun et des modules incendie et secours à personnes ;
- une attestation de formation locale délivrée par l'exploitant de l'aérodrome, qui porte sur la plateforme elle-même ;
- les permis de conduire requis pour les véhicules d'intervention ;
- un certificat médical d'aptitude.
Depuis le décret n° 2025-1448 du 30 décembre 2025, ce certificat médical vaut au niveau national. Les médecins de SDIS (service départemental d'incendie et de secours) agréés peuvent le délivrer, et une commission médicale d'aptitude examine les recours. Cette aptitude n'a rien à voir avec celle des contrôleurs aériens, décrite dans le guide de l'aptitude médicale de classe 3.
Garder son agrément : entraînement, visite médicale et heures de service
L'agrément du pompier d'aéroport n'est pas acquis une fois pour toutes : il se maintient par l'activité. L'arrêté de 2007 exige des entraînements réguliers et une formation continue, un certificat médical valable 1 an, et une activité minimale de 144 heures de service par trimestre. Sur les aérodromes de niveau inférieur à 6, cette activité se compte en vacations : 24 par trimestre.
Concrètement, un pompier qui s'éloigne longtemps du service risque de perdre les conditions de son agrément. La pratique régulière des manœuvres, des exercices sur feu réel et de la conduite des véhicules lourds fait partie du quotidien, au même titre que les interventions.
Pompier de SSLIA et sapeur-pompier de SDIS : deux parcours à distinguer
Le pompier d'aéroport et le sapeur-pompier professionnel n'ont pas le même cadre. Selon l'Onisep, les sapeurs-pompiers professionnels sont employés par les SDIS. Le pompier de SSLIA exerce pour le service de l'aérodrome, avec une formation locale délivrée par l'exploitant et un agrément préfectoral propre à cette fonction.
Aucune fiche Onisep n'est consacrée au pompier d'aéroport. France Travail cite la qualification SSLIA dans sa fiche ROME K1705 « Secouriste ». Les recrutements passent donc par les offres publiées pour les aérodromes; chaque annonce précise les permis et qualifications attendus avant la formation locale. Le panorama des métiers d'un aéroport situe ce poste parmi les autres familles de la plateforme.
Ce qui change pour le SSLIA au 1er janvier 2029
Les règles techniques du SSLIA vont changer : un arrêté du 30 décembre 2025 abroge celui de 2007 et entre en vigueur le 1er janvier 2029. Jusqu'à cette date, c'est l'arrêté de 2007 modifié qui s'applique.
| Point | Règle en vigueur (arrêté du 18/01/2007 modifié) | À partir du 01/01/2029 (arrêté du 30/12/2025) |
|---|---|---|
| Délai d'intervention | 50 % du débit en 3 minutes, totalité en 4 minutes | Tout point de piste atteint en 3 minutes au plus avec 50 % du débit |
| Maintien des compétences | Entraînements, formation continue, 144 heures ou 24 vacations par trimestre | Intervalles ne dépassant pas 24 mois |
| Aérodromes concernés | Selon le niveau de protection | Uniquement ceux qui accueillent du trafic commercial (décret n° 2025-1448) |
Le décret n° 2025-1448 aligne aussi les niveaux 1 et 2 sur le règlement européen (UE) n° 139/2014. Les petits aérodromes sans trafic commercial, souvent dotés d'un service d'information de vol, sont présentés dans la fiche sur l'agent AFIS des petits terrains. La rubrique métiers de l'aéroport regroupe les autres postes de la plateforme.
Sources : Légifrance, arrêté du 18 janvier 2007 relatif aux normes techniques applicables au service de sauvetage et de lutte contre l'incendie des aéronefs sur les aérodromes, art. 2 à 4, 10, 12, 13, 18 à 20 (version au 18/10/2026, modifié par arrêté du 23/07/2026) ; Légifrance, code des transports, art. D6332-14 (en vigueur depuis le 01/11/2023) ; Légifrance, décret n° 2025-1448 du 30 décembre 2025 ; Légifrance, arrêté du 30 décembre 2025 relatif aux normes techniques du SSLIA, art. 26 et 49 ; Onisep, fiche « Sapeur-pompier / Sapeuse-pompière » (consultée le 18/10/2026) ; France Travail, MétierScope K1705 « Secouriste » (consulté le 18/10/2026).

