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Contrôleur Aérien

Vacations de jour, nuits et cycles : le temps de travail en salle de contrôle

Cadran d'horloge à chiffres romains dans l'obscurité

Les horaires des contrôleurs aériens de la DGAC sont fixés par l'arrêté du 8 juillet 2024 : au plus 1 420 heures par an, soit 32 heures par semaine en moyenne, avec des vacations de 10 heures maximum le jour et 11 heures la nuit, entrecoupées de pauses obligatoires.

Un organisme de contrôle ne ferme jamais tant qu'il y a du trafic : les grands centres et aéroports fonctionnent jour et nuit, week-ends et jours fériés compris. Le temps de travail repose donc sur des vacations et des équipes qui se relaient. Ce volet du quotidien complète la rubrique sur le métier de contrôleur aérien.

Le texte qui encadre le temps de travail des contrôleurs DGAC

L'arrêté du 8 juillet 2024, publié au Journal officiel du 10 juillet 2024, organise le temps de travail des personnels de la DGAC qui assurent le service du contrôle, ainsi que des instructeurs de formation pratique de l'ENAC. Une version consolidée au 21 février 2026 existe sur Légifrance. Il fixe des plafonds annuels, des durées maximales de vacation, des repos minimaux et une part minimale de pauses.

Ce cadre national répond à une obligation européenne. Le règlement d'exécution (UE) 2017/373 du 1er mars 2017 impose à chaque prestataire de contrôle un système de tableau de service qui précise, entre autres, le nombre maximal de journées consécutives travaillées, la durée maximale d'une période de service, la durée maximale de contrôle sans pause et les repos minimaux, y compris après une période de nuit (annexe IV, ATS.OR.320). Les contrôleurs, ou leurs représentants, doivent être consultés lors de son élaboration.

Les durées maximales et les repos minimaux en un tableau

Les règles chiffrées de l'arrêté de 2024 tiennent en quelques lignes. Elles s'appliquent aux contrôleurs DGAC en organisme de contrôle ; un prestataire étranger ou militaire suit ses propres textes.

RègleValeur fixée par l'arrêté du 8 juillet 2024
Durée annuelle maximale1 420 heures, soit 32 h par semaine en moyenne sur l'année
Vacation de jour10 heures au maximum
Vacation de nuit11 heures au maximum
Nuits consécutivesAu plus 2 vacations de suite empiétant sur la tranche 0 h à 6 h
Repos après une période de service11 heures au minimum
Repos après une vacation de nuit12 heures au minimum
Repos hebdomadaire35 heures consécutives sur 7 jours glissants
Pauses en travail d'équipeAu moins 25 % du temps de vacation sur le cycle
Pause entre deux plages de tenue de poste30 minutes au minimum
Tenue de poste sans pause2 h 30 ou 4 h au maximum selon les organismes

L'Onisep résume ce rythme par des horaires décalés, 32 heures par semaine et un travail en duo sur position.

Pourquoi la tenue de poste est découpée en plages avec pauses

Une vacation de contrôle n'est pas une présence continue devant l'écran. Le contrôleur alterne des plages de tenue de poste, où il est responsable d'un secteur ou d'une position, et des pauses, pendant lesquelles un collègue le remplace. L'arrêté limite la plage sans interruption à 2 h 30 ou 4 h selon l'organisme et impose au moins 30 minutes de pause entre deux plages.

Cette organisation vise la vigilance. Suivre plusieurs avions, anticiper les conflits et parler en continu use l'attention plus vite qu'un travail de bureau. Les pauses servent aussi à la relève : le contrôleur entrant reçoit un briefing sur la situation du trafic avant de prendre la fréquence. Les effets de la charge de travail et les dispositifs de prévention sont détaillés dans la page sur le stress et la fatigue des contrôleurs aériens.

Nuits, week-ends et cycle de travail en équipe

Le travail en équipe des contrôleurs DGAC suit un cycle : l'arrêté de 2024 mentionne un cycle de 6 jours pour les équipes. Concrètement, le contrôleur ne travaille pas du lundi au vendredi, mais selon un roulement qui fait tourner les vacations du matin, de l'après-midi et de nuit, et qui inclut des week-ends et des jours fériés.

Prenons un cas type : une jeune contrôleuse affectée dans un centre en route ouvert 24 heures sur 24. Elle enchaîne quelques vacations de jour, au plus deux nuits consécutives, puis plusieurs jours de repos avant de reprendre le cycle. Elle bénéficie d'au moins 12 heures de repos après chaque nuit et de 35 heures consécutives de repos sur 7 jours glissants. Sur un petit aérodrome qui ferme la nuit, le même texte s'applique, mais sans vacation nocturne.

Ces contraintes ont un effet sur la vie personnelle : garde d'enfants, activités régulières en soirée ou rendez-vous fixes demandent de l'organisation. En contrepartie, les journées libres en semaine sont nombreuses.

Les congés et la mention d'unité : ne pas s'éloigner trop longtemps du poste

Le temps hors poste a lui aussi une limite, fixée par la licence. Le règlement (UE) 2015/340 subordonne la validité d'une mention d'unité à un nombre minimal d'heures d'exercice sur une période de 12 mois au plus, et prévoit que l'exercice ne soit pas interrompu plus de 90 jours civils consécutifs. Au-delà, des mesures de remise à niveau s'appliquent selon le programme de compétence de l'unité.

Le planning d'un contrôleur intègre donc des congés et des périodes de formation, mais aussi un volume d'heures de contrôle effectif suffisant pour garder sa mention. Ces obligations sont expliquées dans la page sur la licence de contrôleur aérien et ses mentions.

Comparer avec les horaires des autres métiers de l'aéroport

Le contrôleur n'est pas le seul à travailler en décalé sur une plateforme. Les agents de piste, les agents d'escale et les agents de sûreté suivent aussi les premiers départs du matin et les derniers vols du soir, avec des règles de temps de travail propres à leur employeur et à leur convention. Les principaux métiers et leurs contraintes sont présentés dans le panorama des métiers d'un aéroport.

Pour un candidat, la question des horaires mérite réflexion avant le concours : le rythme en vacations dure toute la carrière opérationnelle. La rémunération qui accompagne ces sujétions est traitée dans la page sur le salaire du contrôleur aérien.

Sources : Légifrance, arrêté du 8 juillet 2024 relatif à l'organisation du temps de travail des personnels de la DGAC assurant le service du contrôle, JORF n° 163 du 10 juillet 2024, version consolidée au 21 février 2026 ; EUR-Lex, règlement d'exécution (UE) 2017/373 de la Commission du 1er mars 2017, annexe IV, ATS.OR.320, JO du 8 mars 2017 ; EUR-Lex, règlement (UE) 2015/340, texte consolidé du 22 février 2026 (ATCO.B.020) ; Onisep, fiche métier Contrôleur aérien / Contrôleuse aérienne, 18 septembre 2026.

Mis en ligne le - Mis à jour le

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